Skip to main content

Full text of "Rituel des Tatars mantchoux, redige par l' ordre de l' empereur KienLong, et precede d'un discours preliminaire compose par oe souverain etc. Paris, Impr. de la Republique 1804"

See other formats


MENTEM ALIT ET EXCOLIT 




K. K. HOFBI BLIOTHEK 
OSTERR. NATIONALBI B LIOTHEK 



* 

by Google 
. 



H. 



RITUEL 



DES 



T AT ARS-MANTCHOUX. 



* 1 I . * 

< . • . J S ' •" » 1 " • . t 



Digitized by Google 



RITUEL 

DES TATARS - MANTCHOUX , 

RÉDIGÉ 

PAR L'ORDRE DE L'EMPEREUR KIEN-LONG, 

Et précédé d'un DISCOURS PRÉLIMINAIRE composé 

par ce Souverain ; 

AVEC 

Les Dessins des principaux Ustensiles et Instrumens 
DU CULTE CHAM ANIQUE: 

Ouvrage traduit par Extraits du tatâr -mantchou , et accompagné 
des Textes en caractères originaux, 

Par L. LANGLÈS, 

Membre de l'Institut national des sciences et des arts , Conservateur des manuscrits 
Orientaux de la Bibliothèque nationale de France , et Professeur de persan a 
l'École spéciale des langues Orientales vivantes. 



A PARIS, 
DE L'IMPRIMERIE DE LA RÉPUBLIQUE. 
AN XII. = ( 1804, V. S.) 



Digitized by Google 




- . - 



■ 



Digitized by Google 



AVERTISSEMENT. 



La Notice qu'on va lire fait partie du tome VII. e , 
première partie , page 241 — 3 o 8 , des Notices et extraits 
des Manuscrits de la Bibliothèque nationale. J'en ai fait 
tirer quelques exemplaires séparément, pour les offrir 
aux amateurs de la littérature Orientale, et pour exciter 
quelques-uns d'eux à étudier une langue savante, en- 
core inconnue aujourd'hui en Europe. Je ne répéterai 
point ici les détails déjà consignés dans plusieurs de mes 
ouvrages, pour prouver l'importance du Tatâr-Man- 
tchou , dans lequel on trouve maintenant des traductions 
fidèles et authentiques de tous les bons livres Chinois. Je 
me bornerai donc à annoncer que , grâce au zèle que 
M. Marcel, directeur de l'Imprimerie de la République, 
témoigne pour tout ce qui peut, contribuer aux progrès 
des lettres , j'espère pouvoir bientôt continuer l'impres- 
sion des Grammaires qui, jointes au Dictionnaire que 



vj _ _ ; _ 

j'ai déjà publié en trois volumes in-j.." (1789 et 1790), 
formeront un cours complet de langue Mantchôue ; et 
ce cours , suivant l'expression du savant P. Amiot * , 
ouvrira une libre entrée dans la littérature Chinoise de 

m 

tous les siècles. 



* Éloge de la ville de Moukden , 
et de ses environs , poème composé 
( en chinois et en mantchou ) par 



l'empereur Kien-Long, traduit en 
français par M. Amiot , &c. , page v 
et VI de la préface du traducteur. 



RECUEIL 

Des Usages (et cérémonies) établis pour les Offrandes et les 
Sacrifices des Mantchoux , par ordre de l'Empereur. 

(ou Rituel des Mantchoux.) 

[ Six volumes renfermes dans une enveloppe de i.«iun jaune qui forme fe N.° il 
des ouvrages Tatârs-Mantchoux de la Bibliothèque nationale. ] 

IVIon intention étant de faire connoître les ouvrages Mantchoux 
ensevelis jusqu'à présent dans la Bibliothèque nationale ( 2 ) , je 
crois devoir choisir un de ceux qui peuvent contribuer à nous fami- 
liariser, pour ainsi dire, avec la langue, la religion, les mœurs 
et les usages de ce peuple, qui figure aujourd'hui dune manière si 
imposante sur le théâtre politique de l'Asie. Les philosophes et les 
savans ne se laisseront donc pas prévenir défavorablement par le 
titre de l'ouvrage dont je vais rendre compte; et j'ose croire qu'il 
ne me sera pas difficile de leur persuader que c'est un des mo- 
numens les plus curieux comme les plus authentiques de l'anti- 
quité, non-seulement des Mantchoux , mais encore des Tatârs en 
général. Sans prétendre me prévaloir de la dignité du principal 

y) HfS't thoctkobouha Mantchousài (2) Voy. la Notice d'un Dictionnaire 

ouetchéré met ht ré caoli pithe. Dans le Latin -Chinois -Mantchou , tom. V, 

titre courant de l'ouvrage, les deux pre- p. f8i - 606 des Notices et Extraits des 

nuers mots sont supprimés. Manuscrits de la Bibliothèque nationale. 



( « ) 

rédacteur, les soins que l'empereur y a donnés en prouvent incon- 
testablement l'importance. On connoît l'inaltérable attachement 

3ue Kien-long conserva toujours pour sa patrie et pour les mœurs 
e sa nation ; on sait que le beau séjour de Péking et les délicieuses 
maisons de plaisance qu'il possédoit dans la Chine ( i ) , ne 
lui faisoient pas oublier les déserts de la Tatarie; on sait tous les 
moyens qu'il employa, non-seulement pour conserver sa langue 
maternelle, mais encore pour la perfectionner et la faire rivaliser 
avec le chinois : est-il donc étonnant qu'il ait pris le même soin de 
la religion de ses ancêtres! et ces précautions paroîtront-elles super- 
flues, quand on saura que, depuis long-temps, la politique oblige 
plusieurs princes Tatârs, et même les empereurs Chinois, à allier 
leur ancien C humanisme avec le culte moderne du Chang-ti, qui 
étoit originairement le même (2), aussi bien que le Lamisme du 
Tibet et la religion de Fo , apportée des Indes à la Chine ( 3 ) ! 
Fo est la contraction de Fo-to, nom chinois de Boiith ou Bouddah. 
Ce personnage, quoique très -célèbre, est si peu connu, ou du 
moins on a sur lui des notions si vagues et si peu certaines, que je 
ne crains pas d'être accusé de prolixité en donnant ici une notice 
tirée de Y Afin Akbéry , relative à ce législateur et à sa religion (4.). 



fi) Je compte donner l'extrait de 
la description de. ces maisons de plai- 
sance faite par Kien-long, et imprimée 
' en mantehem , avec des vues de ces 
mêmes maisons fort agréablement gra- 
vées en" bois. 

(2) Voye^ la Description générale de 
la Chine, &c , par l'abbe Grosier, 
chapitre de la Religion ancienne de la 
Chine , pag. ^t-^yo , édit. î/i-^.* 

(3) Voye^ fa Description de l'empire 
de la Chine, par le P. du Halde, t. t.", 
P-S'jt-Ji+,rtt. II, p. 3S 6 ~J 8 7> <&c 
édit. rn-^/ ; = Histoire générale de la 
Chine, traduite du Tong-kicn-kang- 
mou , par le P. de Mailla, &c. , f. V, 
pag. fo-sf, not., et tom. VI, p. 29 , 
4.2J, 425; = Voyage aux Indes et à la 
Chine, par Sonnerai , tom. I. ,r ,p, j^f, 
tr t. II, p. 204 et 20c, édit. in-ç,' ; sd 
Georgii Alphabetum Tibetanum, p. 297, 
2 9 %;z=:Pau/utiàS. B,irtholcmœoAystetna 



Brahmanicum litturgicum , mythologî- 
cum, civile, ex monuinentis Indien musai 
Borgiani, ifc. p. 1 5-4. et 3 09; = Mém. 
de l'Ac. des belles-lettres, t. XXXVIIIt 
p. J07, et t. XL, p. /po, /$4 et tg8; 
— CrauffurcVs Sketches chiefiy retating to 
the history, religion, & c. of the Hin- 
dooi, tom. p. 244, et tom. II, 
p. 1 1 8 ; = Histoire générale des Huns , 
par M. de Guignes, tom. II, pag. 22 j 
et juîv. 

(4.) ^^=,1^1 [ Instruite* do- 
grand moghol Akbar]. Cet ouvrage, 
composé par l'ordre et sous les yeux de 
ce monarque, renferme la description de 
THindoustan, la plus exacte et la plus 
détaillée qu'on ait jamais faite d'aucun 
autre pays. J'en ai donné une codrtc no- 
tice dans le Magasin encyclopédique , 
dernière année, t. II, p. 486 etsuiv. , et 
de nombreux extraits dans tues notes su* 

« Le 



Digitized by Google 



(?) 

« Le Bouddhisme. L'auteur de cette doctrine se nomme Bouddah. 
Ce nom s'écrit avec un bâ marqué d'un dhammah , un dâl surmonté d'un 
fatahh et d'un techdydet un hâ muet. On lui donne beaucoup de noms: les 
uns l'appellent Châkmoni (i), mot qui s'écrit avec un ehyn ponctué , un âlef, 
un kâf, un mym marqué d'un dhammah et un noùn avec un kesré. On pro- 
nonce vulgairement Châkmoùny. C'est un article de foi que, paria vertu de 
ses bonnes actions J il parvint au plus sublime degré de connoissance , et 
qu'ayant acquis la science universelle , il obtint la dignité du mokt (2). 

» Son père se nornmoit Radjah Seddohoùdah , râdjah du Béhâr : ce 
mot s'écrit avec un syn et un kesré souscrit , un dâl surmonté d'un dhammah 
et d'un techdyd, un hâ muet, un oùâoù quiescent, un dâl surmonté d'un 
fatahh et un noùn quiescent. Sa mère s'appeloit Mâyâ (3); elle le mit au 
monde par le nombril. Un éclat de lumière éblouissant se manifesta au 
moment de sa naissance; la terre trembla; il poussa du haut (de la Tata- 
rie ) dans le bas (de PHindoùstân ) l'eau (4) du Gange ; il marcha aussitôt , 
fit sept pas, il se mit à prononcer, avec un charme ravissant, des paroles 
enchanteresses , et il dit : La dernière image est unie à moi ( j). 

» Les astrologues prédirent que lorsque vingt-neuf années et sept jours 
de sa vie seroient remplies ,. il s'assiéroit sur le trône du commandement , 
se leveroit pour former et exécuter une grande entreprise , étabiiroit une 
nouvelle loi. Mais dans la même année, et dans le même mois, il détacha 
son cœur du tumulte du monde , et prit le chemin du désert pour se rendre 



les Recherches Asiatiques. M. Gladwin 
en a publié un extrait en 3 volumes 
in-4.. 0 , imprimé à Calcutta en 1782- 
17Ô6, et, depuis, réimprimé à Lon- 
dres. Les personnes qui se livrent i la 
littérature Persane , pourront juger les 
différences qui existent entre, sa traduc- 
tion de ce fragment et la mienne , qui a 
été faite d'après l'exemplaire autographe 
présenté à Akbar même, lequel a été rap- 
porté de l'Inde, et m'a été donné par 
mon savant ami feu le colonel de Polier , 
membre de l'académie de Calcutta. 

( 1 ) Corruption de Chaman. 

(2) Ce mot Sanskrit désjgne Vabsor- 
bement dans la nature de l'Etre suprême. 
Voye^\c petit vocabulaire Sanskrit placé 
à la tetc du j. e volume de la traduction 
Anglaise de VAyin Akbéry, 

(3 ) C'étoit aussi le nom de la mère 
du Mercure des Grecs , dont il est aisé 
de reconnottre l'identité avec le Bouddah 
des Orientaux, le Thot des Égyptiens , 



le Woddin et Odin des nations Gothi- 
ques et septentrionales. Il a donne son 
nom au quatrième jour de la semaine chez 
ces peuples et chez nous. 

(4.) Suivant une ancienne tradition, 
les eaux du Gange formoient originai- 
rement un lac sans écoulement dans (a 
Tatarie; ce fut par un miracle qu'elles 
se frayèrent un chemin jusqu'à la mer, 
à travers l'Hindou 1 ân. Les Brahmanes 
attribuent ce miracle à Brahmâ ; les 
Bouddhistes l'attribuent à Bouddah. 

(ç) Fo , Sommonacodom et même 
Mohhammed parlèrent en sortant du sein 
de leormère. Mais nous devons conve- 
nir que les premières paroles de Bouddah 
ne nous ont point paru très-intelligibles ; 
M. Gladwin ne les a pas traduites. Peut- 
être a-t-il voulu dire que la dernière 
incarnation de la Divinité s'étoit faite 
en lui. Voyei en effet ci - après , p. 10 , 
lig. rj. 

B 



( >° ) 

à Bénarès et à Râdjegar , et autres lieux consacrés au culte du feu ( i ). 
Ii prit un bâton à ta main, se mit à parcourir le monde, et pénétra au 
Kachmyr : un grand nombre de familles Indiennes, les habitans des 
Benâder ( places situées sur lesfleuves), du Kachmyr, du Tibet et du Khatâï, 
se réunirent autour de lui. Jusqu'à la présente année , qui est la quarantième 
du règne de notre monarque , depuis la naissance de Bouddah , deux mille 
neuf cent soixanxe-deux ans se sont écoulés. On dit qu'il étoit maître de ses 
sens. C'étoit un personnage extraordinaire. II vécut cent vingt ans. Les 
savans Persans et Arabes nomment Bakhcky les partisans de sa doctrine , 
appelés Lâmah au Tibet. II y a long-temps qu'il ne reste plus de traces 
d'eux dans l'Hindoùstân et dans toute l'Inde, excepté au Peygoù, à 
Dahâcéry (2) et au Tibet. 

» La troisième fois que j'allai avec I'étrier impérial visiter le beau pays 
de Kachmyr, je trouvai quelques vieillards de cette religion; mais je ne 
rencontrai pas un seul écrivain savant, et ne vis pas ce que Hhâfez - Abroù 
et Benâketty ont décrit. 

» Les Brahmanes regardent Bouddah comme la neuvième avatar (ou 
incarnation de la Divinité) ; mais ils n'adoptent pas cette religion connue, 
et ne croient pas qu'elle soit de lui. 

» ( Les Bouddhistes) croient que Dieu , qui est sans égal , ne s'est jamais 
souillé par l'union d'un corps humain; et, comme les partisans du JânÂtf (3), 
du Aféïmansa (4) et du Djyn ( j ) , ils ne lui attribuent pas la création : ils 
ne croient pas non plus que le monde ait commencé et finisse jamais, lis 
sont persuadés que le système entier de l'univers , à chaque époque , re- 
tombe dans le néant, et à une époque pareille à la première, recouvre 



(1) VoytT, relativement à ce euhe 
parmi les Hindous, mes notes sur le 
Voyage du Bengale à S. Pétersbourg, 
par G. Forster , f. I.",p. ji, et t. J/J , 

SJ20, et. celles que j'ai ajoutées aux 
iscours de M. Jones sur les Persans 
et sur les Hindous, tom. II, pages 2 et 
3 des Recherches Asiatiques, traduction 
Française , &c. 

(2) Je Crois qu'il faut lire Tennas- 
séryn , ville et baie du royaume de 
Siam. Le savant et estimable auteur de 
la Géographie des Grecs analysée, 
M. Gossellin , pense que c'est la Thince 
des anciens, et fixe a cet endroit les 
bornes de leurs connoissances dans la 
géographie. 

(3) Hérésie des Hindous, qui con- 
siste principalement à ne pas croire à 
la création ni au créateur, à regarder 
l'univers comme éternel, et à nier que 



rien soit anéanti : il n'y a que des dis- 
paritions momentanées, quand les cfTeti 
sontabsorbés dans les causes, comme la 
tortue cache ses pattes dans son écaille. 
Ayïn Akbéry, 

(4.) Autre hérésie des Hindous , dont 
le dogme principal est de nier l'exis- 
tence d'un créateur , de regarder la 
matière comme éternelle et indestruc- 
tible , et l'air comme le véhicule du 
son. 

Suivant cette même doctrine , les 
corps ne sont qu'un amas d'atomes, et 
i non le produit d'une seule et même 
substance. Ay'in Akbéry. 

(ç) Cette autre hérésie des Hindous 
ne diffère pas beaucoup des précéden- 
tes ; elle accorde seulement le libre 
arbitre aux hommes , et admet les ré- 
compenses et les punitions de i 'autre 
monde , &c. Ayïn Akbéry. 



Digitized by Google 



( Il ) 

l'existence. Ils croient aux récompenses et aux punitions, à l'enfer et 
su paradis. Ils crdiem. aussi que la science e« un accident de l'aine 
raisonnable. 

» Celui qui veut embrasser la vie religieuse , ,se rase là -tête, porte, des 
habits et des sandales rouges, a grand soin ^de se faVer fréquemment, et 
ne refuse rien de ce qu'on haï donne à manger. Selon lui , un animal 
mort a été tué par Djeu, et il croit qu'il est permis de le manger. II 
n'approche pas des femmes; il ne tue aucun être animé ;. il. s'abstient 
d'arracher ou de couper une plante , parce qu'il croit qu'elle a vie. Les 
Bouddhistes s'attachent à six choses principales : dominer sa colère, per- 
fectionner son intelligence, acquérir des connoissarices bonnes et utiles, 
adorer l'Être suprême, soutenir avec courage ses revers, s'unir avec Dieu. 

» Trois choses , selon eux , constituent la perfection : la connoissance 
( de Dieu ) , le désintéressement , l'absence de l'envie. Ils- attribuent le 
bien et le mal à, douze causes , qui sont les cinq sens, leurs cinq propriétés 
des corps, qui sont reçues par les sens, m en , dyoùmeréh \ t ) ; ils nomment 
ces douze causes tyatna, mot qui s'écrit avec un ^/"marqué d'un hamjah, 
unyâ avec un fatahh, un ta quiescent, un noùn surmonté d'un fatahh. » 

t » 

~ ' ' ~ \ " 

" (i) Je croif que Io premier de ces deux mots- Sanskrits signifie l'esprit / 
j'ignore le sens du second. 

B ij 



( t% ) 

I 

mm* * *• 

: ht • fr . » i a f i . . 

^^^^ jj^b JcXJ^-» 5 ir** "ks 

^jL ^cA^ OJlU Sjf ^ tXo/" A-t ^y^w Jl — » 

^Ll^Aji <^jj* ^S^l ^ ^ — „l>> 



Diqitized by 



( '3 ) 



tr* .W r ^JTv ^ ^jt^ ^L-^M3 



( «4 ) 

ûA~j> J»^ c/t ^ ^ ^ t y<c J . ^ u^ m j!j* i> 

<3~2^ ( Ayïn Akbéry , pag. jro verso de mon 

manuscrit autographe, auiest en ma possesion (l );êi tome III ,p. 201, 
de F Extrait donne' par M. Gladwin , e'dit. in-4. 0 de Calcutta. 
Le même ouvrage donne aussi quelques détails sur quatre 

^vUi ou règles de la religion de Bouddah , que j'ai transcrits et 

traduits dans mes notes sur la traduction Française des Recherches 
Asiatiques , /. II, p. 427, note Comme cet ouvrage paroîtra en 
même temps que celui-ci, il me suffit d'y renvoyer le lecteur : 011 
y voit seulement que les Bouddhistes ont des ouvrages relatifs à. la 
religion , à la morale et aux sciences naturelles. Mais , pour ne 
point perdre de vue le fondateur de la religion dont nous allons 
analyser le rituel , on sait que c'est le législateur d'une grande partie 
de 1 Asie (2) : je suis fort porté à le croire antérieur à Brahmâ, 
législateur des Hindous. Au reste , les raonumeus que nous pos- 
sédons sont si incertains et si obscurs, qu'il est à peu-près im- 
possible de prononcer sur le droit d'aînesse , et je n'ignore point 
que les partisans des Brahmanes le contestent aux Chamanistes, 
dont ils se disent les successeurs ; il est au moins certain qu'il y a 
d'étonnantes conformités entre la religion de Bouth et celle de 



(1) Voy. ma note ci-dcv./?. p, 
(z) Le P. Georgi affirme que la reli- 
gion de Fo est la même que le Christia- 



nisme. Ce rapprochement n'est pas un 
des moins piquans que nous puissionf 
diquer. V. Alph. Tibet., p. 298. 



in 



Digitized by Google 



< «5 ) 

Brahmil; et ce qui prouve encore plus clairement l'ancienne 
identité de ces deux religions, c'est la haine invétérée des Brah- 
manes pour les Chamanistes , et l'exécration de ceux-ci pour les 
livres des Brâhmanes , qui les ont entièrement supplantés dans 
l'Inde, et qui voudraient rivaliser avec eux à la Chine et dans 
différentes îles de l'Inde. Si , comme nous ne pouvons en douter, le 
mot Chamanistes ou Samanéens, désigne les sectateurs de Bouddah , 
on doit comprendre sous ce nom les Siamois , qui adorent Som- 
monakhodom ; les Chingulois , sectateurs de Bouddhum ; les Japo- 
nois, qui placent Amida au premier rang de leurs divinités ; et 
plusieurs autres nations Asiatiques qui ont plus ou moins altéré 
le nom et les dogmes de Bouddah. Quoique l'on fasse ce légis- 
lateur originaire de Kachmyr , le Chamanisme me paroît avoir 
pris naissance dans la Tatarie, peut-être dans la Bactriane. 

Voilà pourquoi S. Clément d'Alexandrie ( i ) , nomme les 
Samanéens EtLfteLvaJoi B<x.xj/>wv , et S. Cyrille , en parlant des 
mêmes, dit ... ko) ix Baocrpav to* UepotxZy 'ZcLfji.a.vtaoi (2). 
Les Chinois prononcent sa-men, cha-men ou cha-men-na, et disent 
que ce mot signifié en Indien qui /ait apaiser ses passions (3 ). 
Le Samanéisme admet l'existence d'un Etre suprême , la trans- 
migration des ames, deux cent cinquante préceptes basés sur les 
quatre suivans : ne pas tuer, ne pas dérober, ne pas commettre 



(i) Strom. lih. r , p. ,j, f; S9 J. 

(i) Cyril. Alex, contr. Julian. p. 90, 
edit. Basil. 

(î) Dans la Langue des Tongouses 
et des Bouraïtes , ce mot désigne un 
solitaire triste et contrit. Voy. le Traité 
du Chamanisme dans l'ouvrage de M. 
Tooke, intitulé Russia , or a com- 
pleat account of ail the nations which 
compose that empire, t. III , p. 2.1.7. — 
Laloubére nous apprend qu en langue 
Balte , sommona, qui est le même mot 
que saman ou 1 : h aman , signifie Talapoin 
[dévot] des forêts. Description du royau- 
me de Siam , t. I.",p.jp4.. — Sommona 
khodum, que les Péguans prononcent 
saminona knatama , signifie en Siamois, 
homme sans passions. Voye^ l'Histoire 
du Japon , par Kzmpfcr , t. I.",p. 26 ' , 
édit. in-fol. et p. +6, édit. in- 1 2. — Les 



mots Khodâ, Ghoutai signifiant Dieu 
en langue Persane, et dans quelques 
idiomes Tatârs, le mot que nous ve- 
nons de citer pourrait signifier Dieu 
des Samans ou des Chaînons, C'est l'opi- 
nion de M. Stallenwerk dans ses Re- 
cherches sur les principales nations 
établies en Sibiric , p. 90 , ou plutôt 
celle de M. Fischer , tom. I.", p. $j, 
not. ^ du Silirische Geschichte von der 
entdekkung Sibiriens ,<if c. , ouvrageaussi 
complet que curieux, et dont M. Stol- 
lenwerk n'a fait qu'un extrait beaucoup 
trop abrégé, et tellement inexact, que 
l'on peut douter que ce traducteur ait 
toujours entendu le texte original — Voy. 
encore une note fort intéressante sur 
les Chamanistes , Bouddah et Fo , par 
M. Deshauterayes , dans l'Histoire gé- 
nérale de la (Jhine, t. V,p. jo-jj. 



( *<) 

l'adultère, ne pas trahir la ve'rité. Les degrés de perfection 
consistent à renoncer au monde, à ses parens , pour ne s'occuper 
que de la connoissance de soi-même. Bientôt viennent les priva- 
tions volontaires de toute espèce , l'abnégation de soi-même et 
les pratiques de dévotion les plus étranges : elles ont été proba- 
blement adoptées lorsque le Samanéisme a passé dans des pays 
civilisés ; car elles seraient inadmissibles chez des peuples no- 
mades , tels que les hordes Tatâres : celles-ci les remplacent par 
des pratiques grossièrement superstitieuses et compatibles avec 
la vie errante qu'elles mènent ; et c'est ce Samanéisme corrompu 
que l'on doit nommer Chamanisme , du nom de Chaman ou 
Saman qu'ils donnent à leurs prêtres, comme on le verra bientôt. 
Quoique le Chamanisme ne soit réellement , comme je viens de 
le dire, qu'une corruption du Samanéisme, il a déjà été prodi- 
gieusement altéré et défiguré par cesTatârs grossiers et vagabonds ; 
c'est pour justifier quelques-unes de ces altérations et en prévenir 
de plus considérables, que l'empereur Tatâro- Chinois a fait 
composer, sous ses yeux, l'ouvrage dont je vais rendre compte, 
et qui convient non-seulement aux Mantchoux, mais à toutes les 
hordes Tatâres qui professent le même culte. Tous les objets, toutes 
les cérémonies de ce culte annoncent un peuple simple et nomade : 
leurs temples ne sont pas de vastes édifices comme ceux des nations 
civilisées , ils consistent en une enceinte plantée d'arbres à haute 
tige où sont disposées des espèces de tentes ou tabernacles pour les 
offrandes et les sacrifices; beaucoup de hordes font leurs dévotions 
en pleine campagne , sur le bord des rivières ou sur des émi- 
nences (i). Les offrandes et les sacrifices consistent en poissons, 
vin , pain et bâtonnets d'odeur. Tels sont les objets mentionnés 
dans notre Rituel; on peut y joindre tous les quadrupèdes ( excepté 
les pourceaux ) , les oiseaux , les fourrures , les cornes , &c. Les 
Sibiriens sacrifient même des chiens ; les branches de pin sont 
particulièrement consacrées à la mer, aux rivières, aux lacs et aux 
montagnes. Les Mantchoux offrent aussi des bandes et des mon- 
noies de papier, que l'on suspend dans une espèce d'appartement 
qu'ils nomment Koun-tting-koung ; et, dans la tente, ou tabernacle 

(i) Russ'ia or a comptent h'istorical \pose that empire, tom. III, of Scha- 
account of ait ihc natioits which coin- \ nuwism, p. 269, 270, &c. 

de 



Digitized by Google 



( >7 ) 

de l'esprit Ckang-si [l'Etre suprême], qui est le même que le 
Chang-tioxx le Tien des Chinois, anciens et modernes , h Boa des 
Tongouses, le Twgri Gourghan [Dieu du ciel] des Bouraïtes, le 
Kho udài des Télaoutes, le Koutka des Kamtchadaies, le Noum des 
Samoyèdes , le Froroa [lumière] des Ostiaks et des Vougouls, &c, 
ils adorent un Dieu tout-puissant, tout-savant, juste, et trop grand 
pour être flatté ou offensé : de manière que leur culte est absolument 
désintéressé. Tous les Chamanistes croient à l'existence après la 
mort; mais ils n'ont là-dessus que des idées vagues, ce qui n'est 
pas étonnant. Ils admettent aussi une foule de dieux secondaires, 
bons et méchans, qui s'occupent des détails de l'administration des 
choses de ce monde, et qu'ils craignent conséquemment bien plus 
que l'Etre suprême. Chaque horde, pour ainsi dire, a ses divinités 
favorites ; on peut en voir la description et même les figures dans 
les relations de MM. Pallas, Gmelin et autres voyageurs Russes. Ils 
ont des idoles dans leurs maisons ou sous leurs tentes; ils leur 
adressent des prières et leur font des offrandes et des sacrifices le 
matin, le soir, et sur-tout la nuit, à la lueur d'un feu allumé exprès. 
Depuis que les Mantchoux sont civilisés ils ont chez eux, suivant 
leurs facultés, une petite table en forme d'autel , et même une 
espèce de petit tabernacle, supérieurement travaillé et orné ( i ), où 
ils déposent leurs offrandes et font leurs dévotions journalières; ils 
font en outre deux grands sacrifices par an , l'un au printemps et 
l'autre en automne; ces deux sacrifices datent de la plus haute 
antiquité, même chez les anciens Chinois Chamanistes (2) : c'est 
le principal acte de cette religion, que tous ceux qui la professent 
remplissent avec un grand scrupule. Leur année commence au 
printemps; ils offrent à cette occasion les primeurs de leurs trou- 
peaux et du gazon; le sacrifice d'automne ou de la fin de l'été se 
fait avec moins de solennité. Plusieurs Chamanistes Mantchoux et 
Kamtchadaies élèvent dans cette circonstance une perche ou une 
espèce de poutre pour y appendre les offrandes et les peaux des bêtes 
qui ont été immolées. Les Télaoutes, par exemple, sacrifient un 
jeune cheval à leur fête d'automne, qu'ils célèbrent vers la 
mi-octobre. Les Bouraïtes nomment cette (èteSatigue Haara [lune 

( 1 ) Voyei ci - après , page 67 , et I (2) Description de la Chine, par 
planche vin , n.' 48. I Grosier, p. $6;. 

c 



( >8 ) 

blanche], et égorgent des chevaux, des bœufs, des moutons et 
des boucs en l'honneur de leur Nouguit ou Nogat , idole faite 
avec des chiffons de draps, et qu'ils suspendent à une petite tente. 
La viande de ces victimes sert sur-tout à la nourriture des idoles 
et des esprits , dont les prêtres se chargent de surveiller et de 
consommer l'approvisionnement. Ces prêtres ont difTérens noms 
chez différentes hordes , mais leur esprit est par-tout le même. 
Leur nom général et primitif, je crois, est chaman [solitaire, 
chagrin et contrit, homme martre de toutes ses passions, suivant 
l'explication des Tongouses et des Bouraïtes ]. Les Mantchoux 
écrivent Saman h i f « / > et Santa >.-r4-S f enchanteur ( i ). Les 
Tél éoutes les nomment Kam, Kammeâ, ou Gham [maître ou 
prophète]. Les Yakoutes et d'autres Tatârs, Ayoun, ou Aby 
[prêtres], et les Samoyedes Tadyb. Leur costume est si fan- 
tasque que l'on ne peut en donner la description ; ils portent 
sur-tout une grande quantité de grelots, des sonnettes en tablier, 
&c. Quand ils offrent des sacrifices , veulent opérer des guéri- 
sons ou conjurer les mauvais esprits, ce qui est pour eux la 
même chose , ils font ce que les voyageurs appellent des évolu- 
tions avec un sabre et un tambour de basque. Ils ont aussi 
des instrumens à cordes , dont je donnerai les figures et les 
dimensions d'après l'ouvrage dont il s'agit ; car il n'est pas 
inutile d'observer que dans le Chamanisme , comme dans le 
Lamisme , ainsi que dans l'ancienne religion Égyptienne , la 
musique constitue une partie importante du culte. II y auroit 
des rapprochemens fort curieux à faire entre le tambour des 
Chamans et celui des Galles ou Corybantes. 

Galli Cybeies circum quxstus ducere 

Asiiium solebant bajalantein sarcinas , 

Is cum labore et plagis esset mortuus , 

Detracta pelle, sibi fecerunt tympana. 

PH/ED. US, IV, Fab. /.« 

II ne me seroit peut-être pas impossible, quoi qu'en dise le savant 



(i) Dictionnaire Mantchou - Fran- 
çais , t. II, p. tf , et cette Notice même , 
p. 60 et suiv. Voyr? aussi les Rech. 
Asiat. , ou Mém. de la Société établie 
à Calcutta, tom. II, p. j6, note a, de 



la traduction Française, par le C."> I» 
Bcaumc , revue par les C.«» Langlès , 
Cuvier, Dclambre, &c. et publiée par 
le C. in Adrien Duqucsnoy. 



Digitized by Google 



( <9 ) . 

P. Georgî, de démontrer que les Brahmanes de l'Inde, et les 
Druides des Gaules étoient des Samanéens ou Chamanistes hé- 
rétiques. Les derniers étoîent , en outre , devenus sanguinaires 
pour se conformer, sans doute, au caractère, aux moeurs des 
peuples chez lesquels ils se trou voient. Une pareille discussion 
mecarteroit trop du principal objet de cette notice. Je ne rap- 
porterai pas même les observations de plusieurs voyageurs qui 
ont été frappés des nombreuses conformités qu'ils ont remarquées 
entre les cérémonies Judaïques et Chamaniques. Ils indiquent 
particulièrement le feu sacré , les offrandes , les sacrifices , les ado- 
rations , les idées d'impureté attachées à certains aJimens, aux 
femmes qui se trouvent dans un état particulier à leur sexe, 

leur aversion pour le pourceau , &c Mais mon intention 

n'étant pas de faire un traité du Chamanisme , je n'ai dû entrer 
que dans les détails qui me paroissoient indispensables pour faci- 
liter l'intelligence de ma notice. U est temps de m'occuper de 
J'ouvrage qui en est l'objet. 

Cet ouvrage, composé de six r^rff y'î ' i / teptélin ou volumes, 

contenus dans une espèce de carton ou d'enveloppe comme les 
livres Chinois, a été imprimé avec des planches de bois. Suivant 
un ancien usage de la Bibliothèque nationale , les livres ainsi 
imprimés à la manière Chinoise font partie du département des 
manuscrits, et se trouvent conséqnemment dans la division dont 
ia garde m'est confiée : en suivant les mêmes principes, nous les 
comprendrons dans le travail que nous avons entrepris sur les 
manuscrits de cette inappréciable bibliothèque. Les cinq premiers 
volumes renferment un texte divisé en plusieurs chapitres , dont 
nous allons donner les titres et des extraits; le sixième est rempli 
de gravures en bois , représentant les accessoires du culte des 
Mantchoux ; nous avons fait soigneusement copier les prin- 
cipaux sujets ; nous transcrivons et traduisons l'explication qui 
les accompagne. 

Nous croyons ne pouvoir mieux commencer cet extrait que par 
la préface de l'empereur , placée à la tête même de l'ouvrage ; 
elle en fait connoîire ie but, l'utilité et même le contenu. 



. ( « ) 

ORDRE ÉMANÉ DE L'EMPEREUR. 

Nous Mantchoux d'origine, naturellement respectueux, pleins 
de droiture et de sincérité , dont ia pensée est continuellement 
occupée d'honorer le ciel, Fo, et les esprits, avons toujours 
fait en leur honneur beaucoup de libations , d'offrandes et de 
sacrifices; et tous les Mantchoux, suivant la doctrine de mon 
propre pays natal , observoient les cérémonies des offrandes et des 
sacrifices; mais avec quelque différence, fort petite, à la vérité, 
car on ne s'écartoit pas considérablement du grand modèle : 
l'ensemble étoit à -peu -près le même. 

Dans les évocations faites par la famille des Kioro ( i ), qui est la 
nôtre, ainsi que dans la maison des personnes attachées à la cour 
et chez les grands (nommés) Ouang Koung, on regardoit en parti- 
culier comme une chose essentielle toutes les paroles des sacrifices. 

Autrefois les Saman (ou prêtres) nés dans le pays même, 
apprenoient, dès l'enfance, la langue Mantchoue : c'est pourquoi 
ils avoient déterminé, les expressions convenables au genre d'af- 
faires pour lequel ils faisoient des libations, des offrandes, de 
grands sacrifices , des sacrifices préparatoires pour obtenir le bon- 
heur; à la présentation des pains; au sacrifice d'un cochon en faveur 
d'un malade; à la présentation des gâteaux, afin d'être délivré 

; aux sacrifices en faveur des 
chevaux , enfin à tout ce qui concerne tous les sacrifices. Les 
Samans qui vinrent après eux ne parloient le mantchou qu'après 



(») Ou Aisin Kioro \- rT -/V T - / 
C\ U A 6 Kioro d'or. Le mot Kioro est 
étranger aux langue» Chinoise et Man- 
tchoue, on ignore sa signification ; mais 
on sait que c'est le nom du plus ancien 
ancêtre connu de U dynastie Tatâre 
actuellement régnante à la Chine. On 



trouvera un précis sur sa naissance mi- 
raculeuse dans le sein d'une vierge qui 
le conçut après avoir mangé un fruit , et 
sur son élévation non moins extraordi- 
naire, dans l'Éloge de ia ville de Mouk- 
den , composé en chinois et en mant- 
chou, par l'empereur Kien-long, traduit 
par le P. Amiot,&c./7, ij,z2jet22 S . 



Digitized by Google 




Digitized by Google 



( 11 ) 

J'avoir étudié; et insensiblement on ne s'accorda plus sur le ton 
primitif ni sur les lettres radicales des mots qui étaient d'usage 
dans les difFérens sacrifices, et qu'on ne prononça alors que 
d'après la tradition. Aujourd'hui les princes même de ma fa- 
mille, mais qui en sont séparés, ne s'accordent point entre eux 
pour la prononciation ( des prières ) qu'ils font de génération 
en génération dans leur maison. Ils diffèrent aussi de moi- 
même. Dès-a-présent il n'existe presque pas de conformité entre 
les cérémonies des sacrifices et autres pratiques religieuses , entre 
les prières que l'on récite aux sacrifices qui se font dans 
l'intérieur du palais, et les anciennes prières et l'ancien ton. 
Maintenant comment transmettre à la postérité des livres cor- 
rects ? Comment parvenir à la réformer si l'on a perdu la tra- 
dition? Comment enseigner ce qui n'est plus, après avoir tant 
tardé. De plus, combien ne peut-on pas commettre d'erreurs ou 
d'omissions, en présentant ce qui n'est pas arrêté! C'est pourquoi 
ayant désigné les princes et les grands ( i ) que je voulois employer, 
je leur ai ordonné de s'instruire avec attention et respect, d'écrire 
chaque chose séparément, de dessiner les modèles des instrumens 
des sacrifices , de poursuivre leurs recherches de père en fils. Je 
leur ai ordonné de me présenter leur travail, et moi-même, 
j'ai déterminé , d'après des changemens , des recherches 'faites 
avec soin, lé ton des lettres qui doivent composer les paroles 
des sacrifices qu'on offre dans l'intérieur du palais, lequel n'étoit 



( i ) Le texte porte Ouang, ^ t 
ttAmbasa T o V -^W pluriel 

à'Amban \ , f (J W^ Le premier mot 
est purement Chinois [Ouang], ique |e 
P. du Halde prononce Vang; il signifie 
proprement prince ou roi ( Descript, de 
Il Chine, t. II, p. 40 t, éd. in-4..'). On 



donne partiçulièrcmcnta- titre aux frères 
et parens de l'empereur, et aux gouver- 
neurs des provinces; les Portugais l'ont 
rendu par le mot rtgulo , qui signifie un 
petit roi. Le mot Amban \ , f fJS-^/ 
désigne un ministre, un grand officier 
de l'empire, tsai - tche -ta- tchen en 
chinois. 



Digitized by Google 



( >s ) 




Digitized by Google 



(«4.) 

plus d'accord ; soit après avoir consulté les vieillards , soit en 
interrogeant les habitans des pays éloignés. J'ai déterminé aussi 
ce qu'il falloit changer ; en outre , les choses dont l'on fait usage 
le premier jour de l'an, dans l'intérieur du palais, (par exemple) 
l'arbre non-mou [le cèdre] ( i ) , et autres bois , n'avoient pas , autre- 
fois, de nom dans la langue Mantchoue ; je me suis appliqué à 
leur donner un nom conforme à la prononciation Chinoise , en 
traduisant en mantchou le nom original. Tout l'ouvrage est divisé 
en six cahiers. Par ce moyen, la doctrine des anciens Mantchoux 
désormais, et jusqu'aux temps les plus reculés, ne sera ni rejetée 
ni altérée. Que l'on sache que mon intention est de donner le 
plus grand lustre au rit des sacrifices. Maintenant que l'ouvrage 
est rédigé , je l'ai intitulé , Recueil des usages ( et cérémonies ) 
établis pour les offrandes et sacrifices des Mantchoux; que les noms 
des princes, des grands et des mandarins, qui ont contribué à 
sa rédaction, y soient inscrits; j'ai dit. 
D'après l'ordre impérial, 

Le Recueil des usages (et cérémonies) établis pour les offrandes 
et sacrifices des Mantchoux par f ordre de F empereur, étant en- 
tièrement terminé, on donne les noms des princes, des grands 

€ \ 0 l (V-^ f Livn ék Miroir de la 
Langue Mantchoue, composé, augmenté 
et publié par l'empereur.] Nous donnons 
ici l'article même. 

« L'arbre anahoun (nan mou en chi- 
" nois ) croh dans les provinces mérr- 
» dionales ; il a une fort belle tige , bien 
» droite et bien haute; ses feuilles res- 
» semblent à des oreilles d'Jhan » ( j'i- 
gnore la signification de ce mot). « On 
» en fait de grandes colonnes qui durent 
A y \ r. f ^ f » plusieurs années; le bois a le tissu fin: 

^^^^ ' U ! 'loVt^-rW «ilestbonpourlagravnrectlaciselure.» 



(i) Ces deux mots Chinois signi- 
fient , littéralement , arbre du midi. 
Quoique l'empereur n'ait pas indiqué le 
mot créé par lui pour rendre le nan mou 
des Chinois, nous savons que c'est ana- 
noun S 'i i f p 4 * / mot qui ne se 
trouve pas , à la vérité , dans les maté- 
riau»: qui nous ont servi à publier le 
Dictionnaire Mantchou-Français ; mais 
ce mot existe déjà dans le XX ix.« volume , 
p. i8, verso, do Dictionnaire universel 
Mantchou intitulé JV-f-^ 1 . A „ . * / 



Digitized by Google 




Digitized by Google 



( »< ) 

et des officiers qui ont inspecté l'écriture , le dessin , corrigé les 
épreuves ; le tout disposé conformément à l'ordre impérial. 

J Le mandarin Yun - Lou , prince du sang , qualifié de Tsin- 
Ouang (ou de Regulo du premier ordre) , inspecteur général des 
troupes de la bannière jaune , marqué de trois bonnes notes , 
président des mandarins et du tribunal où se traitent les affaires 
de l'intérieur du palais impérial (i). 

Le mandarin Yun-Tao, prince du sang, qualifié de Tsin-Ouang 
(ou de Regulo du premier ordre), marqué de six bonnes notes, 
. président du tribunal où se traitent les affaires des membres de 
la famille impériale (2). 

Le mandarin Houng - Tchéou , prince du sang , qualifié de 
Tsin-Ouang (ou de Regulo du premier ordre) , marqué de trois 
bonnes notes, président des mandarins, inspecteur des troupes 
de la bannière jaune chamarrée, président du tribunal où se 
traitent les affaires de l'intérieur du palais impérial, &c. (3). 

Le mandarin Fou-Heng , marqué de trois bonnes notes en 
qualité de chef des troupes, marqué (encore) de trois (autres) 
bonnes notes, comte qualifié à' invincible , président de l'admi- 
nistration des trois trésors (4), mandarin du palais, chargé 

( 1 ) Le 1 6.« fils de l'empereurÀa/^-A/. 

(2) Le 24..' fils de l'empereur Kang-hi. 

(3) C'est le j.« fils de 1 empereur 
Young-tchmg , et le frère cidet de l'em- 
pereur Kttn-long. 

(+) Gaiophj/lacium, y , f ^ / 

vel (3 suivant le Dictionar'wm Latino- 
S'mico- Mantchou , en trois vol. in-fol., 
dont j'ai donné la Notice dans le cin- 
quième vol. de ce recueil p. ; 8 1-60 6. 
Le mot \ . vf (j / ne se trouve pas 
dans le Dictionnaire Mantchou -Fran- 
çais que j'ai publié en troîs vol. in-4.. 0 



ractère Chinois avec la prononciation en 
Mantchou.) ^Lq k (j % 

^ U A / v ' a 1 \ ryn / 



Digitized by Google 




Digitized by Google 



( »« ) 

spécialement des affaires du tribunal des provinces extérieures, 
de celui des subsides „de celui des (promotions des) mandarins, 
capitaine des gardés du palais, conseiller militaire d'État, grand 
mandarin lettre , ministre de l'intérieur , mandarin chargé de 
l'examen (i). 

Le mandarin Lai-Pao , un des grands du palais, inspecteur- 
général des membres du tribunal criminel, capitaine des gardes 
du palais , conseiller militaire d'État , grand mandarin lettré , 
grand- précepteur (2) et grand -maître (3). 

Le mandarin Hai - Oua/tgs grand du palais , intendant du 
troisième trésor du tribunal des subsides, président du tribunal 
des rits, chef de la musique du palais, grand -maître. 

Le mandarin Sert -Hé, conseiller militaire, président du tri- 
bunal des travaux publics , un des grands du palais , chargé 
de surveiller la conduite des magistrats composant k tribunal 
de l'intérieur, &c. 

Le mandarin Atai, marque de trois notes ordinaires, marqué 
d'une bonne note comme chef militaire, d'une (autre bonne) 
note (comme) commandant. en chef les guides de l'avant-garde 
de l'aile droite ; en outre , grand porte*enseigne , chef des gardes 
d'élite, inspecteur général des magasins d'armes à feu à l'usage 

gistrat est aussi chargé de l'éducation du 



(1) Que les mandarins du dehors 
subissent tous les trois ans. 
' (2) Tài-Tsée, c'est le grand-maître 
de l'État qui a l'intendance sur tous les 
officiers. C'est un motChinois qui signi- 
fie grand fils. 

(3) Tài-Fou , ce ministre occupe la 
seconde dignité ; il doit aider le 7a/- 
Tsée dans son emploi , mais il lui est 
subordonné. Suivant le Li-Ki , ce rua- 



prince héréditaire ; il s'applique sur-tout 
à lui enseigner les devoirs réciproques 
du père et du fils , des princes et des 
sujets. Voye^, sur ces deux charges, 
l'Histoire générale de la Chine , &ç. , 
t.l.' T ,p, i Si et j Si; Mémoires concer- 
nant l'histoire et les sciences des Chi- 
nois, totn.JC, pag. /j. C'est un mot 
Chinois quj signifie grand-pire. 




Digitized by Google 



( 3° ) 

des Mantchoux, sur-intendant de tout ce qui concerne les pêches 
et chasses de l'empereur. 



Mandarins Chargés de coopérer à la rédaction de ? ouvrage. 

Le mandarin Kouan-Tchou , marqué de quatorze notes favo- 
rables , chargé d'inspecter ce qui concerne les six trésors ( ou 
dépôts) du bureau (i) du grand magasin (c'est-à-dire, inspec- 
teur des greniers publics ). 

Le mandarin Sé/é, marqué de neuf notes favorables , pré- 
sident ( i). 

Le mandarin Tchara, marqué de quatre-vingts bonnes notes, 
capitaine d'une compagnie ( 3 ) , président du bureau des céré- 
monies , conseiller de l'administration des cérémonies. 

Le mandarin Ming-Chan, conseiller d'un des six tribunaux 
extérieurs, marqué de dix bonnes notes. 

Le mandarin Uou-Chi, inspecteur des cuisines de l'empereur. 

Mandarins chargés ({inspecter l'Écriture. 

Le mandarin Pao-Chan , marqué de quinze bonnes notes, 
plus, de deux autres , capitaine d'une compagnie, chargé d'ins- 
pecter ce qui concerne les six trésors ( ou dépôts ) du bureau du 
grand magasin (c'est-à-dire , inspecteur des greniers publics ). 

Cheng-Kouang-Pao , officier du palais. 



(1) Quoique dans le Dictionnaire 
Mautchou - Français , tom. II, p. , 
le mot tsée ne soit indiqué que 

comme le nom d'un très-petit poids, dont 
dix font un hoa, nous devons observer 
que ce même mot, qui est d'origine 



Chinoise, désigne une administration, 
un bureau. On s'en sert également comme 
d'un titre honorifique. 

(2) On n'indique pas dequei tribunal. 

( 3 ) Nirouy - Tchanguin , Voy. le Dict. 
Mantchou-Français, t. l.",p. 316. 



( V ) 




Digitized by Google 



( 3* ) 

Mandarin chargé de présider aux Dessins. 

Le mandarin Pao-Ke , marqué de trois bonnes notes, membre 
du bureau des travaux relatifs à l'écriture. 

Mandarins qui ont mis le tout au net. 

r 

Le mandarin Young-Tay , marqué d'une bonne note , secré- 
taire en chef du bureau des cérémonies. 

Le mandarin Y-Ting-Piao , secrétaire en chef. 

Mandarins de la chambre , qui président aux Travaux littéraires 
faits aux frais de t Empereur ( et qui ont préside à l'Édition de 
cet ouvrage.) 

■ 

Le mandarin Youn-Ke-Pao , marqué de dix-sept bonnes notes, 
désigne pour six autres, capitaine d'une compagnie, trésorier des 
guerres en chef, pour trois bannières. 

Le mandarin Young-Tckoung, marqué de quatre bonnes notes, 
désigné pour une autre, capitaine d'une compagnie, trésorier des 
guerres en chef, pour trois bannières. 

Le mandarin Young-Tai , mandarin d'un des six tribunaux 
extérieurs, en qualité de garde- magasin en chef. 

Le mandarin Seng-Gué, marqué de cinq bonnes notes, désigné 
pour une autre, garde- magasin en chef. 

Le mandarin Li-Pao, désigné pour une bonne note, inspecteur. 



Digitized by Google 



( 34 ) 

Le mandarin Yao-Ouen-Pin , désigné pour deux bonnes notes, 
inspecteur. * 

Le mandarin Housitai , trésorier en chef. 

Le mandarin Kao-Young-Jin , trésorier en chef. 



[ Nota, Le Discours suivant , et tout l'ouvrage , a été composé 
par les savans dont on vient de lire les noms et les qualités : 
l'empereur l'a ensuite revu lui-même ; et , 'en témoignage de son 
approbation , il a rédigé , et mis à la tête du premier volume , la 
préface qu'on vient de lire.] 

RECUEIL 

Des usages ( et cérémonies ) établis pour les Offrandes et 
Sacrifices des Mante houx, par ordre de l'Empereur. 

Volume I. er 

Discours sur les Offrandes et les Sacrifices (qui sont en usage 

chez les Mantchoux ). 

Chaque jour, matin. et soir, on fait des offrandes dans le 
Koun-ning-koung ( i ) . Chaque lune on immole une victime; chaque 
année on fait deux grands sacrifices ,. l'un au printemps, l'autre 
en automne. Au commencement des quatre saisons , on fait 
des oblations (en reconnoissance des bienfaits reçus et pour en 
demander de nouveaux). Chaque lune encore on suspend des 
papiers, tant dans le tabernacle destiné aux sacrifices, que dans 

(i) Le 0 / V' ; * v 0"T-r-^ I culicre dans laquelle on conserve l'idole 
Koun-ning-koung est la chapelle pani- | Fo. V. ci-ap. ,p. 60 , ctpl.vi , z 7 et zS. 



Digitized by Google 




Digitized by Google 



( 3« ) 

celui qui est spécialement consacré à l'esprit Chang-si ( t ) , au 
printemps et à l'automne : dans ces deux saisons on plante le 
mât pour se disposer au grand sacrifice. Toutes les cérémonies 
qui s'observent alors et dans tous les sacrifices, de quelque espèce 
qu'ils soient , nous ont été transmises par nos ancêtres. Elles 
sont venues ( jusqu'à nous ) avec une beauté et une majesté 
auxquelles il n'y a certainement rien â ajouter. 

Cependant, comme nos anciens Samans étoient tous très- 
habiles dans la langue Mantchoue , quand il falloit alors rendre 
des actions de grâces, on composoit des paroles convenables 
aux sacrifices et aux prières. La science des Samans qui vinrent 
ensuite n'approchoit pas , à beaucoup près , dans le mantchou , 
de celle de leurs prédécesseurs ; ils ne parloient la langue qu'en 
l'étudiant; et il ne restoit point de livre des sacrifices; les mots 
qu'on prononçoit avoient passé; bientôt on s'écarta un peu du ton 
des paroles, dans différens endroits; mais aujourd'hui , les paroles 
qu'on prononce au sacrifice, en suspendant les monnoies, le 
papier, en récitant les prières, tout le sacrifice en un mot, 

Chinois; mais le regardoient-ils comme 
un être intelligent, comme l'auteur des 
choses et le modérateur de l'univers, ou 
plutôt n'adoroient-ils pas sous ce nom 
le ciel visible et matériel , ou une cer- 
taine puissance céleste , mais destituée 
d'intelligence , et inséparable de la ma- 
tière ide ntifiée avec le ciel ! c'est ce que le 
savant P. Duhalde n'a point osé décider, 
avec toute son immense érudition Chi- 
noise; nous savons seulement que dès 
les temps les plus reculés de leur monar- 
chie, les Chinois sacrifioient au Chang- 
ti ou Tien, et lui offroient les grains 
produits par la terre que l'empereur 
avoit labourée lui-même à la cérémonie 



:- ■ 



( » ) Ô-TT-O^O le même que les 
Chinois appellent Chang-ti; c'est ainsi 
qu'ils désignent l'Etre suprême , l'au- 
teur des choses. « Chang signifie au- 
« guste, souverain ou suprême seigneur ; 
» ti signifie maître , roi, prince, souve- 
» rain. Ces deux caractères expriment , 
«dans les anciens livres Chinois, ce 
» qu'il y a de plus digne de respect et 
» de vénération , le souverain sei- 
» gneur, et le maître des esprits et des 
» hommes. » Chang-ti est le synonyme 
de tien, mot qui désigne à-la-fois l'au- 
teur des choses et l'univers [ le ciel 
proprement dit]. Le Chang-ti a été 
le premier objet du culte des anciens 



Digitized by Google 




Digitized by Google 



(38) 

étant consigné au secrétariat des rits , il y a peu de choses, ou 
rien , à rejeter. Quant aux paroles que les Samans doivent pro- 
noncer, et qui ont été prescrites pour les sacrifices, comment, 
dès à présent, ne pas ies oublier? Certainement la tradition des 
paroles et du ton , déterminée par les décrets suprêmes de notre 
maître divin (i) , finira, peu-à-peu , par s'altérer. 

C'est pour éviter un tel inconvénient, que nous avons fait 
transcrire et rechercher avec soin toutes les paroles et ies prières 
dont les Samans du palais se servent, soit pour offrir des sacrifices , 
soit pour évoquer l'esprit, pour prier, pour faire des offrandes, 
pour demander le bonheur, &c. (et nous avons reconnu ) que 
les lettres des mots sont considérablement altérées, de manière 
que les Samarrs de l'aîle droite de l'armée impériale diffèrent 
beaucoup de notre propre manière de prononcer. 

Cela étant ainsi, (nous avons ordonné que) l'on s'occupât 
de transcrire les paroles des sacrifices ( que l'on offre ) dans le 
palais des princes du sang et des chefs des cinq bannières; en 
outre , celles du sacrifice que l'on offre à l'esprit devant la maison 
des chefs parmi les anciens Samans. Nous avons fait un choix 
de toutes les paroles destinées aux prières , après nous être accor- 
dés, avoir respectueusement consulté tout le corps des magistrats, 

sujets. Voye%, sur le Chang-ti, des dé- 
tails fort curieux , dans ia Description 
de l'Empire de la Chine , par l# P. Du- 
haldc.r. IV,p.j-i8, de l'édition 
de Hollande, et le Chou-k'mg , l'un des 
livres sacrés des Chinois, &c. publié 
par le célèbre et savant M. de Guignes , 
p. CXIll , CXX , 22J , rjâ iT passim. 

entiouringué etchen , c'est-à-dire l'empe- 
reur, que les Chinois regardent comme 



du labourage. Maigre leur grande vé- 
nération pour tout ce qui leur vient 
de leurs ancêtres , malgré la surveillance 
active et continuelle du tribunal des rits , 
institué spécialement pour maintenir 
dans sa pureté le culte du Chang-ti, 
non-seulement d'autres religions se sont 
établies à la Chine, mais encore on l'a 
amalgamé avec ces autres religions. 
C'est ainsi qu'on voit ici le Chang-ti 
partager avec Fo les hommages du sou- 
verain Tatâro-Chinois et ceux de ses 



Digitized by Google 



( 39 ) 




Digitized by Google 



( 4° ) 

corrigé les erreurs, suppléé les lacunes, supprimé les répétitions, 
avoir arrangé (le tout) comme ii convenoit, autant que nous le 
pouvions , nous autres mandarins , et mis tout l'ensemble qui 
dépendoit de nous; nous l'avons présenté à sa majesté. Puisse-t-il 
obtenir son approbation ! c'est ce que nous demandons encore 
avec respect. 

« 

Outre cela , nous avons changé et corrigé toutes les prières 
et les autres paroles qu'on emploie dans les sacrifices qui se 
font chaque jour dans le Koun-ning-koung , dans ceux que l'on 
offre tant pour ses propres chevaux en particulier que pour 
toute l'espèce, après avoir sacrifié chez soi, et qui avoient besoin 
de correction. L'ouvrage étant ainsi ( rédigé ) , nous l'avons res- 
pectueusement copié séparément ; nous l'avons soumis à l'examen 
de sa majesté ; après que ce maître divin aura indiqué le point 
dont il ne faut pas s'écarter, on possédera par écrit un ouvrage par- 
fait qui aura cours jusqu'à la fin des siècles. Les princes du sang 
impérial, les parens de l'empereur, de la famille des Kioro , et 
nous aussi qui portons le nom de Kioro, Mantchoux attachés à la 
cour, qui sacrifions à l'esprit des ancêtres, et qui desirons nous 
conformer aux amendemens , et qui les avons adoptés , tous les 
Mantchoux enfin, grâce au bienfait du maître divin, ne laisseront 
pas anéantir les anciens rits des Mantchoux; nous souhaitons qu'ils 
subsistent éternellement. Présenté à l'empereur. 



une émanation de la divinité. On le 
nomme , en Chinois , Tun-tsée , fils du 
Ciel ; Hoang-ù, auguste et souverain 
empereur; Ching-hoang, saint empe- 
reur, &c. ckc. Lui seul a le droit de 
sacrifier publiquement au Chang-û ; il 
est à-la-fois souverain pontife et auto- 
crate. Cette réunion de l'encensoir et 
du sceptre le rend également respec 



table aux yeux des prêtres et aux yeux 
du peuple; clic me semble une des prin- 
cipales causes de la longue durée de 
l'empire Chinois; elle donne, à mon 
avis , une grande supériorité à cette 
monarchie sur celles où les souverains 
n'exercent qu'un pouvoir temporel et 
purement civil , tant sur leurs sujets que 
sur les corporations sacerdotales. — Je 



Digitized by Google 



t 4* ) 

L a préface de l'empereur et l'espèce de discours préliminaire 
dont je viens de donner la traduction , forment la partie de 
l'ouvrage la plus instructive : je ne prétends pas que le reste 
soit à dédaigner ; mais comme il faudroit dévorer des détails 
extrêmement fastidieux pour trouver quelques passages réelle- 
ment intéressans dans la longue série de cérémonies et de prières 
qui composent les cinq premiers volumes , je me borne à pré- 
senter les titres des chapitres qu'ils contiennent. Je donnerai 
ensuite un choix des gravures en bois renfermées dans le sixième 
volume. Ces gravures, qui représentent les principaux instrumens 

ne terminerai pas cette note sans faire I des descendans de Tamerlan, intitulée 
une observation , de peu d'importance ^jjgj Cf 5 "* O* ' 1 |t * ^ ^ tv<r des 



pour la plupart des lecteurs, mais utile 
pour ceux qui veulent s'occuper d'étu- 
dier le Taûr. On a pu remarquer que le 

mot \ - r ^U"A ' l ^' P O— ^ et plusieurs 
autres , excédoient l'alignement du haut 
de la page , et que la ligne précédente 
dont ils dépendoient, et où ils auroient 
pu trouver place, n'étoit pas terminée. 
Ceci tient à un usage sacré, auquel on 
ne sauroit manquer sans crime, et qui 
vtut que, dans les livres, tant Mantchoux 
que Chinois , tous les mots qui désignent 
le Ciel VrSW-/. l'empereur 

la cour O . ' ;j A ffr &c. , et tout ce 
qui mérite du respect , commence une 
ligne plus haute que les autres, Ôtc. 
Voyei l'éloge de Moukden , &c, note, 
p. Au témoignage du P. Amiot 
je joindrai celui d'un historien Persan 
nommé Djémâl-tddyn A' bdoûl-ri^âq , 

natif de Samarqand , JU* Il JLfr 

^Aii^Jl auteur d'une histoire | 



deux astres heureux , et Jonction des deux 
mers, Cette histoire renferme la rela- 
tion et les pièces officielles de différentes 
ambassades que s'envoyèrent récipro- 
quement Châh-rokh fils de Tamerlan , 
et Daï-ming , empereur de la Chine. 
L'auteur donne les détails suivans im- 
médiatement avant la traduction Per- 
sanne d'une lettre Chinoise. ««La lettre 
»> du monarque Chinois qu'on va lire, 
» dit-il , a été fidèlement traduite et 
» écrite à la manière du pays. D'abord 
» on met à la tête le nom de l'empereur , 
•> et l'on commence l'autre ligne à quel- 
» que distance de la première : toutes 
» les fois qu'on rencontre le nom de 
» Dieu, il faut recommencer une autre 
» ligne dont ce nom forme le premier 
» mot. On observe la même méthode 
» pour le nom du prince, &c. »> 

J_*i ...li-»! (*JL»lâ> Lu- iL»t 



( 43 ) 

et ustensiles du culte Chamanique, ont été réduites de moitié, et 
exécutées avec une fidélité minutieuse, afin de donner une idée pré- 
cise de la forme de chaque objet et de l'état de la gravure en bois 
à la Chine ; c'est la seule que connoissent les Chinois , et ils en 
tirent un grand parti, puisqu'elle constitue la base de leur typo- 
graphie; art bien moins perfectionné chez eux que chez les 
Européens , mais à l'aide duquel ils peuvent polytyper tous les 
caractères exotiques suivant la disposition qui leur est propre, et 
les entremêler sans la moindre difficulté, tandis que pour intercaler, 
par exemple, des passages Mantchoux dans un texte Français, 



^Ijl vJu-;l isjm }+J*-j Ju-:y 

j£=>±->. lia. j£=\t O&jfjumi àj\ 

XJjU 3jL* ^ JLUj *L>1 

Vcy. la traduction de ce fragment histo- 
rique que j'ai publiée en un vol. in-8.', 
avec des notes, sous le titre d'Ambas- 
sades réciproques d'un roi des Indes , 
de la Perse , &c. et d'un empereur de la 
Chine, Stc.p. $2 & jj; frp. iop du 
manuscrit Persan, n.° 106. Voye-^ aussi 
ce même fragment, publié en caractères 
6riginaux, avec une traduction Angloise 
et des notes , par M. William Cham- 
bers , membre de la société Asiatique 
de Calcutta , dans le premier numéro de 
VAsiaùck miscellany consisting of origi- 
nal productions, translations , fugitives 
pièces , Ifc. and extracts frorn curious 
publications , recueil extrêmement inté- 
ressant, imprimé à Calcutta en 1785 
et 1786 , mais dont il n'a paru que huit 



numéros formant deux volumes in-<f.° 
devenus absolument introuvables à cause 
du très-petit nombre d'exemplaires qu'on 
en a tirés , et de l'éloignement du lieu où 
il a été imprimé. Le fragment dont nous 
venons de parler n'est pas le seul extrait 
qui ait paru de l'intéressant ouvrage de 
A'bdoùl-rijâq. J'ai traduit la relation 
d'une ambassade dont lui - même fut 
chargé par Châh-rokh auprès du roi de 
Bisnagar dans l'Inde, pendant les an- 
nées de l'hégire 84.5-84.9 [ 14.4.2- 14.4.4. 
de l'ère vulg.] Le but du prince Persan 
étoit d'établir des relations politiques 
et commerciales entre la Perse , la Tata- 
rie et l'Hindoùstân ; ainsi l'objet de cette 
ambassade exigeott un négociateur ha- 
bile et instruit, il n'est donc pas éton- 
nant qu'elle ait été confiée à notre his- 
torien : il s'acquitta, en effet, de cette 
importante mission avec autant de calent 
que de succès, et recueillit des notes fort 
intéressantes, commeon peut en jugerpar 
sa relation dont on trouvera Iatraduction 
dans le 11. « vol. de ma Collect. portative 
des Voyages , traduits de différentes lan- 
gues Orientales et Européennes. 

F ij 



( 44 ) 

il faut, ou laisser des blancs considérables, ou coucher horizon- 
talement le caractère qui s'écrit perpendiculairement. C'est ce 
dernier parti que j'ai pris , puisqu'il suffit de présenter la page 
sur sa longueur, pour voir le caractère Mantchou dans sa véri- 
table direction. 

PREMIER VOLUME. 

Chap. I." Discours sur les oblations et les sacrifices. 

Chap. II. Discours pour évoquer l'esprit en offrant les choses nou- 
vellement acquises (ou des prémices). 

Chap. III. Mémorial dans lequel on a réuni ce qui concerne les 
anciens sacrifices des Mantchoux. 

Chap. IV. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) le premier 
jour de l'an dans (la chapelle dite) Koun-ning-koung. 

Chap. V. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) le premier 
jour de l'an dans les chapelles (situées dans le lieu) des sacrifices. 

Chap. VI. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) en offrant 
dans les chapelles ( situées dans le lieu ) dès sacrifices. 

Chap. VII. Paroles (que l'on récite pendant) les offrandes qui se 
font dans les chapelles ( situées dans le lieu ) des sacrifices. 

Chap. VIII. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) aux offrandes 
(qui se font) dans la chapelle de l'esprit Chang-si. 

Chap. IX. Paroles (que l'on prononce) pendant les offrandes qui 
se font à la chapelle de l'esprit Chang-si. 

Chap. X. Mémorial des cérémonies (qui se font) dans le lieu des 
sacrifices pendant les oblations (qu'on présente) aux ancêtres, après les 
avoir invités. 

Chap. XI. Mémorial des cérémonies (qui se font) en invitant les 
ancêtres à entrer dans la chapelle. 

Chap. XII. Mémorial des cérémonies (qui se font) pendant les sacrifices 
(que l'on offre) chaque lune dans la chapelle nommée Koun-ning-koung. 

Chap. XIII. Paroles (qui se disent) pendant que l'on offre, chaque 
lune , dans la chapelle nommée Koun-ning-koung. 

Chap. XIV. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) pendant 
le sacrifice qui a lieu le second jour après les offrandes. 



Digitized by Google 




Digitized by Google 



( 4* ) 

Chap. XV. Paroles (qu'on récite) pendant le sacrifice du second 
jour après les offrandes. 

SECOND VOLUME. 

Chap. I." Mémorial des cérémonies (qui s'observent) pendant qu'on 
officie , les jours ordinaires , dans la chapelle Koun-ning-koung. 

Chap. II. Paroles (qui se disent) pendant qu'on officie, les jours 
ordinaires, dans (la chapelle) Koun-ning-koung. 

Chap. III. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) aux quatre 
saisons, pour remercier des biens (reçus, ou pour en demander de 
nouveaux). 

Chap. IV*. Paroles (qui se disent) pendant les cérémonies (qu'on 
observe) aux quatre saisons pour remercier des biens (reçus, ou pour 
en demander de nouveaux). 

Chap. V. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) pendant qu'on 
lave (l'idole de) Fo (i). 

Chap. VI. Paroles (qui se disent) pendant qu'on lave (l'idole de) Fo. 

TROISIÈME VOLUME. 

Chap. I." Mémorial des cérémonies (qui s'observent) pendant les 
petits sacrifices préparatoires, et les offrandes qui se font deux jours 
de suite avant le grand sacrifice (2). 

Chap. II. Paroles (qui se disent) pendant les petits sacrifices pré- 
paratoires, et les offrandes qui se font deux jours de suite avant le 
grand sacrifice. 

Chap. III. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) lorsqu'on 
élève le mât (pour signal) du grand sacrifice. 



(1) Ou Bouddah. Voye^ci-i. ,p.y . et stiiv. 
» Le véritable respect et la vénération pour 
..l'esprit Fo, dit l'empereur Kang-ht , con- 
«■ sistent proprement dans le cœur. Depuis la 
y dynastie des Tangs et celle des Songs jusqu'à 
» présent , voici l'usage qui s'est introduit. Le 
» jour que l'on doit offrir à Fo, on commence 

- par faire peindre l'effigie de ce même Fo ; 

- on lui fait des offrandes sur l'autel, et on 
~ l'expose à la vénération. Quand le sacrifice 
« est fini, on brûle cette image. Quoiqu'un pa- 



» reil usage ne porte po'mt préjudice aux ritr 
» des grands sacrifices , il ne s'accorde pas 

•• beaucoup avec la droite raison «• 

Voyrj_ les Mémoires concernant l'histoire et 
les sciences, &c. des Chinois, t. IX, p. 176. 
J'ai tout lieu de croire que Ion a supprimé la 
cérémonie de brûler l'idole de Fo. 

Dictionnaire Mamchou-Français , um. /.", 
F- *i+ 



Digitized by Google 



( 47 ) 




( 48 ) 

Chap. TV. Paroles (qui se disent) lorsqu'on élève le mât pour le 
grand sacrifice. 

Chap. V. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) pendant les 
grands sacrifices dans ( la chapelle ) Koun-ning-koung. 

Chap. VI. Paroles qui (se disent) pendant les grands sacrifices dans 
(la chapelle) Koun-ning-koung. 

Chap. VII. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) le second 
jour des grands sacrifices. 

Chap. VIII. Paroles (qui se récitent) pendant les cérémonies 
du second jour des grands sacrifices. , 

QUATRIÈME VOLUME. 

Chap. I." Mémorial des cérémonies (qui s'observent) lorsqu'on 
demande lé bonheur. 

Chap.- II. Paroles (qui se disent) pendant les cérémonies de la prière 
pour le bonheur. 

Chap. III. Paroles (qui se disent) en demandant le bonheur pour 
les enfans à la mammelle. 

Chap. IV. Paroles (que l'on récite) pendant qu'on offre un poussin. 

Chap. V. Paroles ( qui se disent ) lorsqu'on offre une jeune oie 
domestique (i). 

Chap. VI. Paroles (qui se disent) lorsqu'on offre un poisson. 
Chap. VII. Paroles (qui se disent) lorsqu'on offre un faisan. (2) 
Chap. VIII. Paroles (qui se disent) pour les offrandes de choses 
nouvellement acquises, de quelque espèce qu'elles soient. 



0)à u A v_l 
thorcn niongitiaha 



CH- 
lc premier mot désigne 
les petits des oies , des canards, &c. ; le second 
est un nom générique sous lequel sont com- 
prises huit espèces d'oiseaux qui peuvent être 
rangés dans la classe des oies. Parmi ces huit 
espèces d'oies on distingue les blanches , elles 
ressemblent aux canards sauvages , mais sont 
plus petites ; elles ont une force et une adresse 
extraordinaires ; leur plumage ne le cède pas 
en blancheur à celui du cygne, et elles font la 
chasse aux poissons. Ce sont des oiseaux de 
passage comme les canards sauvages ; ils évi- 
tent les climats chauds, et recherchent les 
bords des lacs et les marais. Voyei l'Llogc de 



la ville de Moukdcn, p. jo , et note , /». 2f8 
et 

(1) V u "î r t' UV-f 1 / <wMw«mt , oi- 
seau que les Chinois appellent yr-ki ou «y 
sauvage. C'est notre faisan ou coq de bruyère. 
La Description géographique de Moukden 
nous apprend qu'à la septième lune, c'est-à- 
dire au commencement de l'automne , on se 
contente de prendre à la chasse quelques fai- 
sans pour être offerts en sacrifice ; mais au 
commencement de l'hiver on fait la grande 
chasse aux faisans pour les offrir en tribut. 
Voye[ l'Éloge de la ville de Moukden , note, 
pag. 2f?, et Description de la Chine, par le 
P. Duhalde, tom. IV, p. 168. 



Digitized by Google 




Digitized by Google 



( 5° ) 

Chap. IX. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) lorsqu'on fait 
des offrandes pour les chevaux , dans le lieu des sacrifices. 

Chap. X. Paroles (que l'on récite) pendant les cérémonies de l'of- 
frande pour les chevaux dans le lieu des sacrifices. 

Chap. XI. Mémorial des cérémonies (qui s'observent) le premier jour 
des offrandes (que l'on fait) pour les chevaux. 

Chap. XII. Paroles (que l'on prononce en faisant) les cérémonies 
du premier jour des offrandes pour les chevaux. 

Chap. XIII. Mémorial des cérémonies ( qui s'observem ) le second 
jour des offrandes ( que l'on fait ) pour les chevaux. 

Chap. XIV. Paroles que l'on récite en faisant les cérémonies du 
second jour des offrandes pour les chevaux. 

; CINQUIÈME VOLUME. 

Catalogue des instrumens , ustensiles et autres choses qu'on emploie 
pour les offrandes et les sacrifices. 

SIXIÈME VOLUME. 

i . ■ ■ 

Esquisse des modèles des instrumens et autres choses dont on se sert 
pour les offrandes et les sacrifices. 



Ce sixième volume renferme i 18 gravures en bois, repré- 
sentant le lieu des sacrifices, les instrumens, ustensiles qu'on 
emploie dans les libations, offrandes et sacrifices, les principales 
pièces du costume sacerdotal des S amans , avec des descriptions 
très- détaillées en mantchou. Je vais donner ici soixante- cinq 
objets qui m'ont paru les plus intéressai» , et que j'ai fait soi- 
gneusement réduire. Je donne également le texte de la descrip- 
tion Mantchoue avec la traduction. 



Digitized 




Digitized by Google 



( 5* ) 

EXPLICATION DES PLANCHES. 



PLANCHE PREMIÈRE. 

N.° i Plan du Sacrifice. 



N>i.r 



l 



a 



6 

> 



a Barrière. 

b Corps de Garde. 

c Puits. 

d Porte. 




k 



c 
> 

cb 



* Porte. 



(ou qui restent). 
Garde-robe. 



k 

> 



l 

a 



r 

c 




- -4" v- < iou qui 

/ Edifice ou l'on offre £ Garde-n 

en particulier les provi- X Salle du sacrifice, 

stons que Ton retrouve / Tabernacle. 

o p t 



a 



4 * 



c 
> 



A Machine pour porter 

les cordons. 
/ Puits. 

m Cabinet où l'on ren- 
ferme les franges, flo- „ Porte, 
consj&c.etlesmon- 0 p orte . 




noies de papier, qu'on p Porte, 
suspend (ou qu'on em- q Tabernacle de l'Esprit 
ploie pour les sacri- Chang-si. 
p ccs ) r Mât pour les sacrifices. 

s Machine sur laquelle 
on dresse le mât. 



Digitized by Google 



( 53 ) 
PLANCHE II. N.° 2. 

V 




Salle où l'on offre le* sacrifices. 

PLANCHE III. N. 



i 



c 



6 
c 



cr 



V 



Disposition des ustensiles du sacrifice dans la salle des sacrifices. 

PLANCHE IV. 
N.° 4- N.° y. 



* 1 

c 
> 

-L cb 



c 

- v 



- 
- 

(S- 



<3 
C 




4- Disposition des ustensiles dans le tabernacle du sacrifice, 
y. Tabernacle du sacrifice. 

PLANCHE V. N.° 6. 



- 

> 



6 




UîHÛ 




Grande table basse vernie en couleur jaune, sur laquelle on met les 



( Î4 ) 

bassins pour les bâtons d'odeur et les pains qu'on doit offrir : elle est 
longue de trois pieds quatre pouces , large de deux pieds cinq pouces , et 
haute d'un pied deux pouces. 

N.° 7. 



g) 



- j 





Lanterne placée dans la salle des sacrifices ; les panneaux en sont couverts 
d'un châ jaune: elle a six pieds un pouce de haut. 

N.° 8. 




Caisse vernie en couleur jaune , dans laquelle on met les bâtons d'odeur 
faits ( avec les feuilles de l'arbre ) antckou : elle est longue d'un pied deux 
pouces, large de neuf pouces, haute de sept. 



N. 



H 




Coupe d'argent dans laquelle on met le vin qu'on veut offrir : son 
ouverture est de trois pouces, sa hauteur de deux. 



Digitized by Google 



( 55 ) 



N.° 10. 



•Bassin d'argent, dans lequel on met les pains qu'on veut offrir : il a un 
pied un pouce trois lignes d'ouverture, et deux pouces de haut. 



N.° ii. 




Petite estrade vernie en rouge , sur laquelle on met le carreau destiné aux 
émonies : elle est longue de sept pieds, large de quatre, et haute de 



cérémonies : elle est longui 
deux pieds six pouces cinq lignes. 



N.° ia. 



c 



3 1 



Ui {il 

; ç* ti.t. 



f 

> 



Sac fait en toile de Corée, dans lequel on met les cordons : il est long 
de deux pieds un pouce , et large d'un pied quatre pouces. 



( S« ) 
N.' ij. 




m lili 



Flèche munie (dune corde) de chanvre, blanche, que l'on présente («à 
l'esprit ) lorsqu'on lui demande le bonheur : elle est longue de deux pieds 
neuf pouces cinq lignes. 

N.° 14. 





lie en noir , formant un support sur lequel on pose les 
clochettes et les grelots avant de s'en servir : elle a deux pieds cinq pouces de 
long sur neuf pouces cinq lignes de large, et un pied huit pouces de haut. 



N.* ij. 




Bassin d'argent avec des fleurs ciselées et dorées , dans lequel on fait brûler 
les bâtons d'odeur : il a sept pouces de long, quatre pouces deux lignes 
de large, et quatre pouces de haut. 6 



N.° i<>. 



Digitized by Google 



( 57 ) 
N.* 16. 




c ■ 
> 



Z 



c 




î 

Pierre dans laquelle on plante le bâton de bois de saule (quand on fait des 
offrandes) , pour obtenir le bonheur ; elle a un pied quatre pouces sept lignes 
de hauteur, sur un pied six pouces une ligne d'équarrissage. 

N.° 17. 
ï 

o 

C 

c 




Escabelle vernie en noir, sur laquelle le Saman s'assied pour prier au 
sacrifice du soir : elle a un pied quatre pouces en carré ; elle est haute 
d'un pied huit pouces. 

N.° 18. 




Vase d'argent ( 1 ) avec lequel on offre le vin ; il est long d'un pied un 
pouce , large de sept pouces cinq lignes , haut d'un pouce deux lignes. 

( 1 ) Ce vase, que Ton nommerait plu* exactement plateau, en contient deux plus petit*. 

H 



( 5» ) 
N.° 19. 



c ■ 



Î;H[H1:{U 

Coupes d'argent avec lesquelles on offre le vin : leur ouverture a trois 
pouces de circonférence ; elles ont deux pouces de haut. 

N.° 20. 





Bassin d'argent dans lequel on met les fruits que l'on offre : l'ouverture 
a cinq pouces de circonférence , il a un pouce de hauteur. 

N.° 21. 



q) 



:. 11 




- > 

- 

- J 



c > 
> 

q) 



T A < 

If llfil 





Entonnoir d'argent avec lequel on met le sang dans le boyau : son 
ouverture supérieure a trois pouces huit lignes de circonférence , sa profon- 
deur un pouce cinq lignes ; le tuyau est long de deux pouces cinq lignes. 

N.° 22. 



boucoupe venue en rouge et ornée de dragons, sur laquelle on pose 




Digitized by Google 



( 5? ) 

» 

des pièces d'or et d'argent, quand on sacrifie (pour obtenir une bonne 
récolte, ou pour remercier le Ciel de celle qu'on a faite) : son ouverture est 
de cinq pouces quatre lignes ; elle a un pouce de haut. 




r 
c • 



Tasse de porcelaine parsemée de fleurs bleues , dans laquelle on met un 
poisson , quand on demande le bonheur : elle a cinq pouces cinq 
d'ouverture, et trois pouces sept lignes de haut. 



c 



{hlU 



c 
> 





I ■ ■ 

Jarre de porcelaine à fleurs bleues , dans laquelle on conserve le vin : elle a un 
pied un pouce sept lignes de haut ; le diamètre du milieu est de deux pieds 
huit pouces huit lignes ; le diamètre du fond est de cinq pouces quatre lignes. 

PLANCHE VI. N.° aj. 






Châsse vernie en rouge , dans laquelle on place le Fo d'or , lorsqu'on 

H ij 



( 60 ) 

veut le mettre sur le tabernacle des offrandes ; elle est haute d'un pied huit 
pouces, et elle a un pied quatre pouces d'un coin à l'autre. 

N.° 26. 

n 



> 



6 
> - 



i 



c 

A» 



Glaive ( 1 ) dont le Saman se sert pour faire ses évolutions aux sacrifices 
du matin; il est long de deux pieds trois pouces six lignes, et large de 
deux pouces une ligne. 

N.» a 7 . 

•?* h 

C 




A ) 

ch 

Armoire ( ou table à tiroir ) ornée de fleurs de différentes couleurs , vernie en 
rouge, et placée dans le Koung-ning-koung {2). On y dépose les objets qu'on 
doit offrir le matin au Oué(chékou { Esprit des ancêtres). Elle est longue de 
trois pieds sept pouces, large de deux pieds trois pouces , haute de trois pieds. 

N.° 28. 

6 1 V 4 1 1 11 * H 




J cb ^ O < < (J) <J> ^ <t> 
Grand tabernacle où l'on dépose les offrandes faites à Fo et à Fbusa; il 

(1) Ce glaive se nomne Jv ? i U > x O Art&ttw" en 
(s) La chapelle de /"«. 



Digitized by Google 



( <i ) 

est placé dans la portion occidentale du Koun-ning-Koung: ce tabernacle 
a en tout , y compris le pied , treize pieds trois pouces de haut , sur six pieds 
neuf pouces de large, et six pieds quatre pouces de profondeur. 



N.° 20. 




Couvercle de cuivre rouge, qui sert aux sacrifices; il a deux pieds cinq 
lignes de diamètre. 

Pot de cuivre rouge; l'ouverture a deux pieds de diamètre : il a six pouces 



cinq lignes de haut. 

Grand fbumeau de cuivre jaune, qui a un pied six pouces cinq lignes , 
d'ouverture; l'ouverture du fourneau (par où l'on met le feu) a un pied 
sept pouces cinq lignes. 



( 6i ) 

PLANCHE VII. N.° 31 (bis). 

M 4 




: 9 



'mm 




Instrument ( i ) que le Saman bat en chantant les prières , en faisant 
les évolutions avec le glaive et en offrant le vin et le sacrifice : il a un pied 
un pouce cinq lignes de long sur deux pouces de large. 



N.° 32. 





Instrument (2) avec lequel le Saman s'accompagne en chantant des 
prières dans les sacrifices, après avoir offert le vin et fait les évolutions avec 
le glaive : la longueur de cet instrument est de trois pieds quatre pouces. 



N.° 33. 




C 



II 



■.Vit 



-1 Q 

C 



q> 



Instrument (3) que le Saman pince en priant et en chantant les prières 



(1) Cet instrument se nomme j, » x C*V» 
teharki. H est compose de deux pièces d'un 
bois dur et sonore ; il produit un effet à-peu- 
pres semblable à celui de* castagnettes. 

(t)II$e nomme A-rrOfV^-O loigurri 



en mantehou; il est monte de trois cordes , et 
se pince comme le luth. 

(3) Il se nomme ^ 1 ^ | / ffnn , et 

est monté de quatre cordes ; on le pince avec 
Ici doigts. 



Digitizéd by Google 



( <3 ) 

dans la salle des sacrifices , après avoir offert le vin et fait des évolutions avec 
le glaive : la longueur de cet instrument est de trois pieds quatre pouces. 

H 



a) 




Vase de porcelaine, à fleurs rouges, dans lequel on met le vin pour les 
sacrifices et les offrandes: son ouverture a un pied deux pouces; il est haut 
de huit pouces. 



N. 



35- 





V* l i î 



V 




Petit tabernacle couvert de papier doré, où l'on fait des offrandes à Fo; 
sa hauteur est d'un pied neuf pouces huit lignes , sa largeur d'un pied. 

N.° 36. 




r 

c • 
C 



C 



' \ \ * 



■■ï\ 



c • 
> 

Q> 



Support ( de ce tabernacle ) haut d'un pied sept pouces deux lignes , et 
large d'un pied un pouce. 

N.' 37- 




liH-'lîb 



c 



Petits grelots de fer, dont se sert le Saman quand il évoque les esprits; 



( «4 ) 

(ils forment un tablier) long de cinq pouces cinq lignes, et large de deux 
pouces. 

N.° 38. 




C 
c 

r 



Instrument d'argent qui sert à donner au bois Santchou réduit en pâte, 
la forme de bâtons d'odeur; il est long de neuf pouces cinq lignes, large 
de cinq lignes. 

HhîPidjikUf 

0 X : 'J * P. c ' • * " cl Q- < c- d- 



c 

1 

> 



Tablier de différentes couleurs , que le Saman met au sacrifice du soir; 
il est large de quatre pieds dans le haut , de huit pieds deux pouces vers le 
bas, et long de trois pieds deux pouces. 

N.°* 4o et 4i. 



\ 



■y 
C 

C 



c » 



J 



c 

c 
> 



îluf ■fliïî 1 




3T V 

Tambour de main couvert de peau de tarbahi ( 1 ) , dont on se sert pour 

(1) C'est un animal qui ressemble au ras- I dans le Dictionnaire Mantchou-Français./,//. 
tor rase, r-yr^uclqucs détails sur cet animal, | pngt 1S7. 

le 



Digitized by Google 



( *5 ) 

Je sacrifice du soir; il a un pied six pouces de diamètre: la bagu, 
longue d un pied deux pouces. 

PLANCHE VIII. N.° 4*. " 



ette est 



Cuiller d'argent pour faire brûler les bâtons d'odeur ; elle a huit pouces 
de long ; deux pouces une ligne de large. 




c * 

> 



Bâtonnets d'argent ( attachés ensemble avec une chaîne pour remuer 
le feu où l'on fait ) brûler les odeurs ; ils ont huit pouces de long. 



N.° 44- 



Perche en bois de cèdre, colonne du même bois, pour soutenir la perche 
(dans laquelle est passée une jatte ronde) , aussi de bois de cèdre, avec une 



( 66 ) 

pierre qui soutient la perche. La longueur de la perche est de treize pieds ; le 
vase a sept pouces de diamètre et six de hauteur. La colonne (contre laquelle 
la perche est appuyée ) a cinq pieds de haut, et cinq pouces d'équanissage ( i ) . 



9 




Baguette de chatchilan (2), a laquelle le Saman lorsqu'il évoque les 
esprits, attache sept grelots gros ou petits, faits avec de la peau tannée et 
teinte en jaune : cette perche a trois pieds six pouces de long sur sept 
lignes d'équanissage. 

N.° 46. 

itliîî 

Pierre qui sert de piédestal au mât 

(1) Tout cet appareil destine aux sacrifices 
nocturnes que l'on fait à l'esprit , est enfonce 
dans une pierre fixée. 

(i) Espèce de bois. 

(j) « Sihan, oueï-mou (en chinois), morceau 
1» oc bois élevé auquel on suspend les voiles que 
>• l'on hisse. On nomme siltan toutes les espèces 
>■ de bois auxquelles on suspend les voiles des 

..barques. ' Vl V f / > rH-O 




le jour que l'on offre le grand sacri- 



rr-O c\ 



VrO t 1 ne / C~-6 o 



A 



oy. p. 



du Dictionnaire universel Mantchou , cité 
déjà dans ma note ci -dessus, pigt 2+ et 
tuiv. 



Digitized by Google 



( *7 ) 

fice et que l'on hisse ce mât; elle a trois pieds huit pouces de hauteur, et trou 
pieds d'équarrissage. 

N.° 4 7 . • 




C» €• -f 




Vase a bâtonnets d'odeur, en cuivre jaune, où l'on met hrûler les bâtons 
d'odeur, dans la salle des sacrifices; il est long de cinq pouces; large de 
cinq pouces trois lignes, et haut de trois pouces cinq lignes. 

N.° 48. 




Tabernacle verni en rouge, placé sur son pied sous la portion excédante 
du toit de l'édifice où Ton offre pour les chevaux. Les grands décorés du 



( 69 ) 

Koung peuvent avoir un pareil tabernacle sous la partie du toit qui avance : 
la plus grande hauteur de ce tabernacle, y compris le pied, est de huit pieds 
six pouces; chaque face a deux pieds sept pouces de large. 

N.° 49- 




1 c 
> 




c • 



* J -f c ' 9*e 



Support pour le vase qui contient le vin ; il est verni en jaune, et sert quand 
on élève le mât pour les sacrifices : il a un pied trois pouces cinq lignes de 
haut; sa largeur, d'un angle à l'autre, est d'un pied un pouce sept lignes. 



? i C î 



N.° 50. 




> 

en 



c » 
c • 



, sur laquelle on place ce qu'on doit offrir aux ancêtres des 
Mongoux. Le côté le plus long de cette table a deux pieds un pouce ; le côté 
le plus étroit a neuf pouces cinq lignes ; elle est haute d'un pied huit pouces. 

PLANCHE IX. N.° $1. 




Armoire enduite d'un vernis noirâtre , dans laquelle on renferme les 



Digitized by Google 



( h > 

instrumens qui servent aux sacrifices : elle est haute de cinq pieds neuf pouces , 
large de quatre pieds six pouces, et profonde de deux pieds cinq pouces. 

N.° 




Vase de cuivre, dans lequel on fait brûler les bâtons d'odeur dans l'en- 
ceinte du tabernacle : il est long de neuf pouces, large de sept, et haut 
de neuf pouces cinq lignes. 

N.° 53. 




Potence a laquelle on suspend le tapis , le matin : elle se termine en tête 
de dragon ; elle est sculptée , vernie en rouge , et omée de papier doré ; 
elle a cinq pieds de haut et quatre de large. 




Support verni en noir, sur lequel on étend le tapis le soir: il est haut de 
trois pieds sept pouces, et large de quatre pieds huit pouces. 



( 70 ) 




Boîte de nacre destinée a contenir les bâtons d'odeur faits avec le bois 
d'antchou-hien réduit en pâte ; cette boîte a un pied de long, sur six pouces 
cinq lignes de large, et six pouces une ligne de haut. 

N.° 56. 




Support de la jarre : il est long de deux pieds sept pouces , large (fautant , 
et haut de deux pieds deux pouces. 

N/ $ 7 . 




Armoire dans laquelle on met les pains du sacrifice : elle est vernie en 
jaune; elle a deux pieds deux pouces cinq lignes de haut, sur deux pieds 
quatre pouces quatre lignes de large, et un pied ciuq pouces trois lignes de 
diamètre. 



Digitized by Google 



( 7i ) 
PLANCHE X. N.° j8. 




Table de bois vemi en rouge , sur laquelle on hache la viande : elle est 
longue de deux pieds cinq pouces, large d'un pied cinq pouces, haute de 
cinq pouces. 



# N." $9 et 60. 




Tambour recouvert d'un treillis de fer , avec ses baguettes et son support 
vernis en rouge; on s'en sert pendant le sacrifice du soir. Le support a 
trois pieds sept pouces de haut; les trois branches sont à un pied trois 
pouces l'une de l'autre; le tambour a un pied sept pouces cinq lignes de 
diamètre; il est haut de quatre pouces cinq lignes. 




cb a)* 



en en 

Grande table basse vernie en rouge, sur laquelle on pose les pains 
et le vin qu'on veut offrir : elle est longue de trois pieds quatre pouces, 
large de deux pieds cinq pouces , haute d'un pied deux pouces. 

Tapis de satin violet foncé, brodé en rouge, dont on se sert le soir 
lorsqu'on présente des offrandes aux ancêtres : il a cinq pieds de long, 
sur quatre pieds neuf pouces de large. 

N.° 63. 






fi 

Tuyau de bois (i) verni en jaune, dans lequel on enferme l'image 

(1) Ce bois, nommé > t ^ , ^ , / 




roulée 



Digitized by Google 



( 73 ) 

roulée de Fousa : il a deux pieds deux pouces de longueur , sur deux 
pouces huit lignes de diamètre; le couvercle est haut de huit lignes. 




Le premier jour de l'an, après avoir fait les cérémonies en l'honneur 
des ancêtres dans le lieu des sacrifices, on place tout de suite ce taber- 
nacle , devant lequel on fait les offrandes aux ancêtres. H y a dans chaque 
maison des grands un tabernacle semblable à celui-ci. La hauteur du pied 
sur lequel pose ce tabernacle , jointe à celle du tabernacle même , est de 
trois pieds cinq pouces; chaque face a un pied deux pouces de large. 



N.° 6-j. 




Table de bois de cèdre, haute, et sur laquelle on pose les bâtons 

K 



(74 ) 

d'odeur, les pains et le vin qu'on doit offrir dans l'intérieur du tabernacle 
de l'esprit Chang-si: cette table a quatre pieds sept pouces de long, sur trois; 
pieds deux pouces cinq lignes de large et trois pieds huit pouces cinq lignes 
de haut. 

Je terminerai cette Notice, déjà trop e'tendue peut-être, en 
observant que l'ouvrage qui en fait l'objet a été composé la 
xn. e année du règne de Kien - long , laquelle répond à l'an 
1765 de l'ère vulgaire. Les caractères Mantchoux dont on s'est 
servi ici, ont été taillés sous ma direction, en 1786, par mon 
ami le C. en Firmin Didot , si justement célèbre dans son art. 
Ce sont les premiers caractères de cette langue exécutés en 
acier , et d'après les principes de la typographie Européenne. 
Les personnes versées dans cet art peuvent seules apprécier les 
difficultés que j'ai eues à surmonter dans cette opération , sur 
laquelle j'ai donné tous les détails nécessaires dans mon Alphabet 
Tatâr-Mantchou, ouvrage publié , d'abord séparément , en 1787, 
et réimprimé ensuite à la tôte du premier volume du Dictionnaire 
Mantchou-Français , en trois volumes /w-4. 0 Puissent des cir- 
constances favorables aux lettres , me permettre de compléter 
ce travail par la publication des grammaires , des dialogues et des 
explications grammaticales, qui formeront un quatrième volume. 

• ■ . .»...:•„...'•; t t . . i m .... -L..'t : . 



■ l . * 

1 • » 

* . * * j 1 ' ' • • • r * • * 

IMPRIMÉ 

• { - I r * ! *** 

Par les soins de J.-J. Marcel, Directeur de rimprimerie 

de la République. 




Digitized by Googl 



* •»■ •» * -vSK •*»- 




4fc *fc=r 

4^ Jifr ^ ^ «*= 

% A 4fc 



:iyiuiiiumiiifliniiimiHiiiiiii! 




ir . h | i nr, -,— 711 rtrmn-TTTTTTTtr- 



«ElCTlTlIllitNl . 



Digitized by Google 



Digitized by Google 



Digitized by Google 




Digitized by Google 



Digitized by Google 



I 




Digitized by Google 



Digitized by Google 

i 




Digitized by Google 



Digitized by GooqU 




Digitized by Google 



Digitizet 



:)ogle 




Digitized by Google 



I 



Digitized by Google 



Pl. IX. 




Digitized by Google 



I 



Pl.X. 




Digitized by (Google 



otia/. 




Digitized by Google 



Digitized by Google 



Uittrrticruicne NMionttDiDiiointK 




166359502 



OattrrdcNtche N«tion«IWblioth«k 

ilIlllNlllllllIllilllllllllllllllllll 



+Z1 66359502